numero 24 - Juin 2015    

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PAROLE ET VIE

Nourrir une vie digne

de : Bruno Secondin, ocarm
       bsecondin@virgilio.it

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On peut les appeler « des preuves d’avenir » : ces kermesses qui se déroulent tous les cinq ans dans le monde sous le nom d’« EXPO ». Au début de mai s’est ouverte celle de Milan qui durera jusqu’à l’automne. C’est un événement de très grande portée du point de vue des échanges culturels, mais aussi pour les occasions de réfléchir ensemble sur des questions vitales pour l’humanité. Cette fois-ci, le thème qui sert de guide – « Nourrir la planète – Energie pour la vie » – est en relation particulière avec la foi chrétienne et la spiritualité.
La nourriture a rapport avec le sens même de la vie, avec le sens de l’appartenance, avec la dignité de la personne, avec la fête et la joie. Ce thème est évidemment au centre de toute religion, pour de multiples raisons, mais dans le contexte concret de la vie des gens. Dans la Bible, manger, être à table, trouver de la nourriture ou ne pas en trouver, se préoccuper de la faim ou éprouver la satiété, jeûner ou partager le repas, implorer la fertilité de la terre ou préparer le repas en rendant grâce au ciel, etc. … sont des thèmes qu’on trouve très fréquemment.
Pour la conscience ecclésiale, l’existence de la faim, vue non de manière abstraite, mais en se situant devant les “visages des affamés”, est un tourment, une inquiétude qui présente un double aspect. D’une part, presqu’un million de personnes vivent une faim endémique et sont sans ressources ni avenir. Et la conscience des chrétiens ne peut pas faire semblant de rien. Et d’autre part, il y a le gaspillage insensé de nourriture et de ressources, le comportement des multinationales qui veulent les accaparer, l’exploitation commerciale et le vol de la biodiversité. Les scandales alimentaires sont si nombreux !

Nourriture qui nourrit et vie bonne
“Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien…” disons-nous dans la prière fondamentale du Notre Père. Peut-être le disons-nous sans nous rendre compte qu’une telle prière – aussi matérielle et concrète à l’intérieur de la sublime prière – fait partie de l’histoire de la révélation. De par la variété des ressources et la diversité des modes de réalisation, la nourriture est un des grands véhicules du dialogue de Dieu avec l’humanité. Dès les premières pages de la Bible on parle de nourriture. « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ! … » (Gen. 2,16 ;
cf Gen. 1,29). Et quand nos ancêtres désobéissent au Créateur en mangeant de l’arbre de la vie, la condamnation d’Adam sera celle-ci : « C’est à la sueur de ton front que tu mangeras ton pain » (Gen 3,19). Après le déluge, Dieu renouvelle le don de la nature pour servir de nourriture : « Tout être qui rampe et qui vit vous servira de nourriture » (Gen. 9,3)
A partir de ces suggestions venues des origines se sont développées une série d’interprétations : que ce soit la joie de manger, de manger ensemble en particulier, que ce soit la fécondité de la terre, la variété des animaux avec lesquels se nourrir. Que ce soit l’avertissement contre l’excès de gourmandise ou le manque de sobriété, l’abus irresponsable des ressources qui entraîne la misère ou de même l’égoïsme du luxe éhonté (Am, 4), jusqu’au dépouillement des pauvres (Pr 6,4), quand on oublie que toute nourriture est don de Dieu. Mais il existe aussi la sagesse de l’équilibre : «Mieux vaut un plat de salade, avec l’amour qu’un veau gras avec la haine ! (Pr 15,17). Les grands événements de l’histoire du salut sont signalés par des repas sacrés, des secours extraordinaires de Dieu, comme la “manne du ciel” (Ex 16,4), les cailles, l’eau de la roche, la pluie et la rosée, etc. La tradition d’offrir des sacrifices, des repas sacrés et en particulier pour les Israélites l’offrande des prémices (Dt 26, 1-11), servaient à garder la conscience d’être toujours objet de la providence divine.

Jésus s’offre lui-même comme le “pain vivant”
Dans l’Evangile, nous trouvons de nombreuses pages en lien avec la faim et avec le fait de manger : Jésus multiplie les pains et les poissons par deux fois, il transforme l’eau en vin à Cana, mais surtout, dans les moments de convivialité son cœur s’ouvre à la confidence, il invite au partage mais aussi à la justice. Le sommet de sa révélation a lieu quand il identifie la relation entre l’unité et la vie avec le fait de « manger sa chair et boire son sang » (Jn 6). Au moment de l’adieu, il y a un banquet pascal qui scelle une vie d’intimité et de confidence (Jn 13-179). Et encore plusieurs fois après la résurrection Jésus se trouve à table avec ses disciples et se révèle justement dans le contexte de la cène amicale comme le ressuscité vainqueur (lc 24, 30-35). Partager la nourriture, s’asseoir à table ensemble, révèle la nature des chrétiens : une communion de table et de cœurs, de passion pour l’Evangile et d’accueil ouvert au partage.
Parfois, Jésus se présente vraiment comme un cuisinier (cf : l’épisode du poisson grillé au bord du rivage du lac : Jn 21,9-14). Il sait qu’on le définit comme « un mangeur et un buveur » (Lc 7,34-35), il défie les convenances en se rendant à table avec les pécheurs (Lc 15,2), il cherche la table des amis (Jn 11,1 ; Lc 1,38-42) et même il s’invite à la table de Zachée (Lc 19,1-10). Mais il sollicite également ses disciples pour qu’ils assument aussi leur responsabilité devant la foule affamée : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! »
(Mc 6,37), invitation péremptoire.
Il sait organiser la distribution de manière fonctionnelle (par groupe de cinquante ou cent : Mc 6,39-40) mais il invite aussi à éviter le gaspillage, en faisant recueillir les morceaux restants (Jn 6,12-13). Ses paraboles ont souvent pour scène le fait de manger, l’affamé, le banquet, la vie autour de la table, les mendiants etc.. Surtout il s’y connaît en ce qui concerne les semences ou les champs cultivés, en matière de fruits ou de saisons, de récoltes et de mauvaises herbes, d’eau qui désaltère et d’organisation du travail.

Globaliser la solidarité
Dans son beau message pour l’ouverture de l’Expo, le Pape François, a voulu être opportunément, la « voix de tant de pauvres », qui cherchent avec dignité à gagner leur pain à la sueur de leur front. Mais il a demandé aussi de garder présents
« les visages de millions de personnes qui, aujourd’hui, ont faim, qui, aujourd’hui, ne mangeront pas de manière digne d’un être humain ».
L’espérance du Pape, c’est que cette expérience mondiale ne soit pas seulement une grande affaire économique, mais qu’elle nous apprenne à « globaliser la solidarité » et qu’en même temps, elle soit pour tout le monde “un stimulant à cesser d’abuser du jardin que Dieu nous a confié, pour que tous puissent manger des fruits de ce jardin”.


AUX SOURCES DU CHARISME

La médecine par les plantes
au temps de Jeanne-Antide Thouret


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A Besançon
Dans un texte, intitulé Mémoire de Pures Vérités, écrit au cours de sa dernière année de vie, Jeanne-Antide évoque la fondation de son Institut, le 11 avril 1799 et le service des premières sœurs.
Nous avons retenu quelques extraits de son récit qui sont en lien avec le thème de ce numéro :
“Nous entrâmes dans le nouvel appartement les derniers jours du mois d’octobre de la même année. (1799). Nous y établîmes l’école, une pharmacie et une marmite pour le bouillon des malades pauvres, dans leur domicile ; ils venaient recevoir ce bouillon et une portion de viande aux jours et heures désignés”.
“J’appris à mes filles à connaitre les diverses drogues médicinales et à les préparer. J’allais visiter les malades pauvres à domicile ; je menais avec moi tour à tour mes filles”
“Dans les saisons du printemps et de l’automne, j’allais avec mes filles dans les jardins et dans les campagnes pour herboriser et leur faire connaitre les diverses plantes et fleurs médicinales, leurs propriétés, et à faire les eaux distillées.
“Le Bon Dieu m’avait donné une véritable vocation, beaucoup de tendresse pour les malades, le désir et la bonne volonté de les soulager, et par le seul motif et en vue de Dieu ; je saisissais toutes les occasions pour connaitre ce qui les avait soulagés, et j’avais pris connaissance des remèdes dans ma nombreuse famille ; les médecins y étaient appelés souvent ; ils me donnaient des connaissances, ainsi que ma pieuse marraine qui préparait des remèdes pour les gens peu aisés.
“Quand j’étais à Besançon en faisant seule mon école, j’allais passer la nuit chez une pieuse dame qui avait une pharmacie. Je profitais de cette occasion pour prendre une plus grande connaissance des drogues, de la manière de les préparer et de faire les distillations. Quand nous établîmes notre pharmacie, je priai cette dame de me vendre des remèdes pour la garnir et pour les distribuer gratis aux malades pauvres.”

A Naples
Plus de deux ans après son arrivée à Naples, dans une lettre adressée le 31 janvier 1813, au Ministre de l’Intérieur du Royaume, Jeanne-Antide fait le point concernant les activités des sœurs…Arrêtons-nous au service des malades :
« Ah ! qu’ils nous sont consolants selon la foi, les services spirituels et temporels que nous commencerons à rendre ici aux malades pauvres, dans leurs réduits ! et qu’il est doux de pouvoir ranimer leur courage abattu par l’infirmité et la privation des secours indispensablement nécessaires !
… « Arrivées auprès des malades et après avoir tâché de gagner leur confiance par des manières respectueuses et pleines de douceur et de bonté, nous nous informerons de leurs besoins et de leur maladie pour y subvenir selon nos pouvoirs … nous consultons les médecins sur les aliments à leur donner selon leurs besoins ; nous leur préparons et leur donnons ces aliments, et quand ils sont en état de prendre des aliments plus solides nous leur en préparons et leur en distribuons ; tantôt c’est un potage d’une façon et une soupe d’une autre manière ; nous donnons du pain, de la viande, du vin, des fruits et quelques autres douceurs ; au besoin, nous leur donnons de quoi se chauffer ;
nous leur faisons leur lit et leur chambre quand ils n’ont personne, autant qu’il nous est possible ; quand nous en sommes empêchées, nous payons pour le faire » …
Dans le couvent Regina Coeli, proche de l’hôpital des Incurables où les sœurs ont commencé leur service auprès des malades dès leur arrivée en 1810, Jeanne-Antide établit une pharmacie aux environs de 1820.
“Nous nous trouvons à Naples ; la situation de la science du XVIII siècle est à l’image du temple baroque qui jouxte la pharmacie. De talentueux médecins, des spécialistes de valeur sont à la recherche de soins prestigieux contre la syphilis (Gaïac, Salsepareille). Des cures très coûteuses pour un grave problème de ces siècles-là, mais très loin d’une médecine sociale.
L’arrivée à Naples de la dynamique Sœur Jeanne-Antide Thouret … crée une nette distinction entre les caractéristiques du XVIII dédié à la continuelle recherche de drogues et la dynamique pharmacienne du XIX, qui, dans la “vis sanatrix naturae“ trouve le remède à partir de la nature elle-même. Ce seront, en effet, les plantes du couvent : l’orange, la mélisse, l’absinthe, l’anis, la camomille, la mauve, la sauge, l’arnica, la violette, la pariétaire, le pavot qui vont permettre l’intense activité socio-sanitaire exercée par Sœur Jeanne-Antide.
Le couvent, le quartier le plus pauvre et l’hôpital des Incurables qui se trouve à côté, vont bénéficier des vertus des “simples” recueillies avec soin dans le grand jardin du couvent, séchées sous les frais portiques du cloître, et magistralement transformées en potions chaudes, en eaux médicinales, alcools, poudres, essences, extraits.
Le travail de transformation s’accomplit dans une petite officine-laboratoire avec four à bois où trône depuis les origines un alambic de cuivre pur. Au premier meuble-porte de style empire, simple, en noyer massif, se sont ajoutés avec le temps une armoire murale à tiroirs, l’armoire des poisons et de petites consoles pour la “petite expédition” (les premiers secours).
Pour “doser avec des pincettes” une petite balance a pris place sur le large banc central.
La chimie pharmaceutique vient au jour, mais les herbes, dans les grands tiroirs, ont encore leur place, elles côtoient les “substances” en pots, en flacons, amoureusement étiquetées et divisées selon les formes et les fonctions… Pour l’époque, c’était une pharmacie moderne ».


CHEMINS DE LA MISSION

LAOS - Le riz : un aliment, un symbole

de : sr Malaythong Xayasith
       malaythong31@gmail.com

 
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Le Laos est un pays sans débouché sur la mer, encastré entre le Vietnam, la Thaïlande, la Chine, la Birmanie et le Cambodge. Le Laos est un pays pluriethnique, comme une mosaïque d’environ 47 ethnies de traditions et coutumes différentes divisées en trois groupes principaux. Les ethnies dominantes : le Lao Loum, c’est-à-dire les habitants des terres basses constituent les deux tiers de la population ; les ethnies de la minorité des Lao Soung, habitants des montagnes qu’on appelle habituellement les Hmongs et celles des Lao Thoeng ou Lao Kang habitant les hauts-plateaux. La religion est fortement imprégnée par les antiques croyances et les pratiques du phii : culte des esprits gardiens, officiellement défendu ; il reste encore vrai que le Bouddhisme est la religion nationale ; les bouddhistes représentent 65% de la population, les animistes 33%, une petite minorité de chrétiens 2% dont 0,70% de catholiques, 11% de musulmans qui sont des commerçants.
Le riz est un élément important pour la population laotienne, il reste la base de la vie, il l’est aussi pour la population qui se situe dans les zones situées le long du Mékong. Pour cela le déjeuner, le repas de midi et le souper sans riz n’est pas un repas ! Il existe d’autres aliments apportés de différents pays, mais le riz reste un plat unique, celui que préfèrent les Laotiens. Pour eux le riz n’est pas seulement un aliment pour se nourrir, il est comme un symbole de fertilité et de richesse ; pour les laotiens, qui a le riz, a tout ; c’est pourquoi ils ont une attitude de respect et de reconnaissance envers le riz. Le riz possède aussi une dimension religieuse : chaque matin, les femmes bouddhistes se lèvent pour écorcer le riz qu’elles offrent ensuite aux moines qui le mendient.
Au Laos, 80% de la population utilisant la plus grande partie des superficies agricoles est active dans l’agriculture, en particulier pour produire le riz gluant. Le système est traditionnel, c’est-à-dire qu’il dépend du savoir faire traditionnel et du cycle des saisons, sans utiliser beaucoup de fertilisants chimiques ou de pesticides. En ce qui regarde le système traditionnel, son côté positif c’est d’abord qu’il prend soin de la nature, c’est-à-dire qu’il la respecte, la nourrit et la protège ; en faisant ainsi on rend la vie à la terre. Certainement c’est un long parcours, mais c’est l’un des nombreux parcours possibles. Les gens sont en train de comprendre que l’utilisation de nombreux produits chimiques fait durcir la terre, et entraine la disparition des poissons, des grenouilles qui sont dans la rizière … tandis qu’apparaissent des bêtes qui détruisent le riz et les herbes sauvages. C’est pourquoi les paysans font habituellement la culture traditionnelle, mais sont ouverts à une recherche bien ciblée, à un système alternatif qui puisse ouvrir la voie d’une culture accessible à tous. Même si le système traditionnel est bon, il y a toujours le risque de se trouver devant la rareté de la récolte à cause de la sécheresse ou des inondations.
Cultiver le riz est un dur et long travail, qui demande différentes étapes. Il commence avec la préparation de la terre, puis vient le temps de la culture, suivie de la moisson et de la récolte dans des greniers. Il est bien vrai que le travail du riz est un travail constant et lourd, mais les Laotiens ont l’esprit du travail et possèdent un sens de la solidarité très marqué, aussi dans divers villages quand le moment est venu de cultiver ou de moissonner le riz, on s’aide réciproquement jusqu’à ce que tout soit terminé. Le travail devient donc un lieu pour se retrouver dans la fraternité, le partage, l’effort et la joie et dans une solidarité qui brise la culture de l’indifférence et de l’égoïsme et qui met en œuvre un nouveau style de vie dont le monde actuel a besoin.
Comme nous l’avons déjà dit, le Laos est constitué de plusieurs ethnies, aussi la préparation des plats de riz dépend-elle des coutumes et des spécificités de chaque ethnie qui sont mises en commun au cours des festivités annuelles. La plupart des Laotiens mangent le riz gluant, qui est écorcé à la vapeur. Pour la cuisson, il faut d‘abord mettre le riz dans l’eau pendant une heure environ, ensuite le déposer dans une casserole prévue pour la cuisson du riz gluant. Le riz gluant n’est pas seulement fait pour le repas, mais on l’utilise aussi pour faire différents gâteaux, la pâte de riz, l’alcool et la bière.
La culture du riz est une richesse pour les Laotiens parce qu’elle indique une façon différente de faire usage des choses, du travail, une autre façon de s’exprimer, de pratiquer la religion et de cultiver la beauté. La culture du riz est un travail lourd et constant, mais devient une belle chose quand les cultivateurs obtiennent des fruits ; ils peuvent alors se réjouir comme le dit le psaume 126 : « On s’en va, on s’en va, on porte la semence à jeter, mais on s’en vient, on s’en vient dans la joie, on rapporte les gerbes ».


ARGENTINE : La Mission d’Education à Colon

de : sr Raquel Fessia et communauté di Colon, sdc

 
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Cultiver et prendre soin, deux verbes qui engagent notre vie
C’est avec ce slogan que nous avons vécu la première journée de formation et de spiritualité avec le personnel enseignant du collège Sainte Marie à Colon, journée coordonnée et animée par Sr Daniela Contini, qui fait partie de notre communauté depuis novembre dernier.
Toute la matinée, nous avons eu un partage très intense :
le souffle de Dieu Créateur s’est rendu manifeste dans notre argile, comme l’a exprimé le message de remerciement d’une enseignante à peine la rencontre avait-elle pris fin : “Merci pour ce temps, pour la rencontre d’aujourd’hui. J’ai l’âme et le cœur remplis. Ce fut très émouvant. J’embrasse toutes les sœurs”.
La journée avait commencé avec beaucoup de pluie, mais malgré cela, peu à peu sont arrivés les enseignants et les maîtresses, quelques-uns trempés, mais le visage et le cœur pleins d’attentes, avec chacun son récipient contenant une poignée de terre du jardin de sa maison et le maté. (ainsi était-il inscrit dans l’invitation que chacun avait reçue
personnellement).
Là les attendait un lieu préparé pour cette occasion: un poncho étendu, avec des récipients en terre cuite de formes diverses, et dans le plus grand un peu de terre et une petite bougie… deux petites chaises, du bois pour le feu, du maté… le tout préparé pour s’asseoir et partager sa vie et sa foi.
Nous avons commencé avec la prière du psaume 103 ; puis chacun a pris sa poignée de terre entre ses mains et s’est laissé conduire pour réfléchir à sa propre vie.
Quand on a proclamé la lecture du texte de la Genèse : “… Le Seigneur forma l’homme avec la poussière du sol et souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant“, … s’est créé alors un moment de profond silence et ensuite, une sœur s‘est approchée pour allumer la petite lumière plantée au milieu de la terre …, cette lumière, si petite mais lumineuse et persistante nous a accompagnés toute la matinée… signe tangible de ce Souffle qui nous habite et nous donne vie…
Après ce moment de prière et de réflexion, on a réalisé un travail personnel avec la consigne de poser un regard de bienveillance sur la terre de sa propre vie et de se laisser rencontrer par Dieu qui adresse à chacun cette demande : OÙ ES-TU ? OÙ TE TROUVES-TU ?
Dans un second moment, avançant dans la réflexion, Sœur Daniela nous a amenés peu à peu au texte de la Genèse où Dieu formule la seconde question à l’humanité (en la personne de Caïn) : OÙ ES TON FRERE ?
Au cours du troisième temps, après une brève pause, nous avons réalisé un travail de groupe (niveau des débutants, des classes élémentaires et des classes supérieures). La consigne était d’élaborer entre groupes d’enseignants, de maîtres et d’élèves dans l’institution, un décalogue de ce qui nous empêche de “cultiver et de prendre soin”, décalogue qui a été partagé en assemblée.
Nous avons conclu la matinée par une célébration très émouvante.
D’abord nous avons pris conscience de la manière dont Dieu conduit les événements selon son Cœur. De fait il a disposé aussi de la date de cette rencontre : en un premier moment, elle avait été programmée pour le 22 mars, puis pour le 28 et finalement elle a pu avoir lieu le 11 avril. Oui, justement le 11 avril : jour plein de signification pour la Congrégation des Sœurs de la Charité… et à une année exactement du décret de la fusion !!!
Et nous nous retrouvons ici à la distance d’une année, de ce pas de Dieu dans notre histoire ; un pas qui bien que donné pour générer davantage de vie, fut sans aucun doute, pour nous Sœurs de Sainte Marthe, un pas arrosé de beaucoup de larmes !!
Il y a un an exactement nous étions en train de renouveler notre engagement de cultiver cette œuvre tant aimée qu’est le Collège Sainte Marthe qui compte 95 ans de présence et de service dans la ville de Colon… et d’en prendre soin et nous le faisons à 216 ans du début de l’œuvre que Sainte Jeanne-Antide avait commencé un 11 avril, avec cette seule certitude « … pour DIEU SEUL.. », … « SERVIR EN AIMANT ET EN MANIFESTANT L’AMOUR DU PERE » … dans et avec de petites choses :
la première école avec quelques enfants, une marmite avec le bouillon chaud… Actuellement, cette œuvre d’amour est présente en de très nombreux pays du monde et ce collège aussi fait aujourd’hui partie de cette histoire !
Sont présentes ici aujourd’hui : Sœur Noémie, Sœur Rosa, Sœur Daniela et Sœur Raquel; aujourd’hui, nous toutes, Sœurs de la Charité, avec une quarantaine d’enseignants, nous avons planté une rose et au fond du puits préparé pour l’accueillir, chacun a déposé une poignée de sa terre, celle qu’il avait apportée de sa maison… Des représentants de chacun des trois niveaux ont planté la rose pendant que tous chantaient : “EN TOUT AIMER ET SERVIR POUR LA GLOIRE DE DIEU”. Enfin nous avons déposé une petite médaille de Jeanne-Antide afin qu’elle accompagne la croissance de cette rose…
Ce fut un moment très fort, et paraphrasant ce passage du Petit Prince :

C’est le temps que tu as perdu pour ta rose
qui fait ta rose si importante pour toi…
Tu deviens responsable pour toujours
de ce que tu as apprivoisé..
Tu es responsable de ta rose…

 


EVENEMENTS CONGREGATION

1er Juillet - 27 Juillet 2015 :
20ème Chapitre Général de la Congrégation
des Sœurs de la Charité

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Dans le numéro précédent de notre revue, nous avons partagé avec vous des premières informations.
Sur le site de la Congrégation, vous avez pu lire quelques échos des Chapitres provinciaux et des Assemblées de préparation et reconnaitre quelques photos.

Le Logo ci-joint illustre le thème évangélique qui a accompagné toute la réflexion préliminaire : l’expérience des disciples d’Emmaüs qui, sur la route, sont rejoints par le Seigneur ressuscité qui leur explique les Ecritures et leur partage le Pain. C’est alors qu’ils repartirent aussitôt à Jérusalem annoncer la Nouvelle !

Un document de Base important de par son contenu a permis à toutes les sœurs capitulaires mais aussi à toutes les Sœurs de la Congrégation de prendre connaissance de l’abondante moisson rassemblée lors des Chapitres et Assemblées de préparation et de situer l’évènement-Chapitre dans le contexte de la vie de l’Eglise et du monde actuel.

Le Chapitre se situe dans une année des Mémoires, nous dit le Document de Base :

- Mémoire des 50 ans du Concile Vatican II…
La Congrégation est fille du Concile : tout ce que la Congrégation a décidé au cours de ces cinq dernières décennies, tout ce qu’elle a dit et fait, a été sa manière de vivre le Concile.

- L’année de la Vie consacrée : Le Chapitre sera aussi notre manière la plus haute de vivre l’année de la vie consacrée. Une célébration que le Pape François a fortement voulue, en concomitance avec deux autres mémoires: les “50 ans” de «Lumen gentium» (LG), la Constitution sur l’Eglise, qui, dans le VIème chapitre, traite des Religieux; et les “50 ans” de «Perfectae caritatis» (PC), le Décret sur le renouveau de la Vie religieuse… D’où l’appel à devenir aujourd’hui, une “nouvelle génération” de femmes et d’hommes, radicalement donnés à l’Evangile.

- Evangelii Gaudium
: le Chapitre se situe aussi dans l’humus spirituel d’“Evangelii gaudium”, l’Exhortation apostolique que le Pape François a publiée lors de la première année de son pontificat, à l’occasion de la clôture de l’année de la foi.

- Les 250 ans de la naissance de sainte Jeanne Antide
Il y a 250 ans, à Sancey, naissait Jeanne Antide, et avec elle, pointait le germe d’un charisme…
De petit germe, celui-ci est devenu, génération après génération, un grand arbre. Combien d’émondages dans le temps ! Combien de nouveaux bourgeons !
Nous sommes filles de cette naissance et le Chapitre en fera mémoire.

« Nous célébrerons l’évènement-Chapitre en ayant à cœur de tenir compte du contexte dans lequel il a eu lieu et que le Document de Base met bien en relief.
Et Pape François a déjà anticipé le contexte de l’après-chapitre : qui sera celui du Jubilé de la Miséricorde !
Que Marie nous guide ainsi que toutes nos sœurs qui nous ont précédées dans la foi et qui, maintenant, avec elle, célèbrent le Chapitre permanent de la Miséricorde du Père ! »
(De la lettre de sœur Nunzia de Gori, Supérieure générale – 5 mai 2015).
Le site de la Congrégation (sœurs de la charité de sainte Jeanne-Antide Thouret) vous permettra de suivre le Chapitre jour après jour.


 
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